Compagnons d'aventures

Publié le par yvan

077.jpgGuides népalais à Manang


Se lancer dans un trek en solitaire n'a rien d'austère ni d'ennuyeux. Cette solitude est illusoire, elle perd très vite de son sens dès que l'on se met en route, notamment sur l'hyperfréquenté Tour des Annapurnas.
J'ai déjà évoqué plusieurs rencontres en relatant ma première semaine sur les sentiers
. A Manang, je retrouve la plupart de ces marcheurs au long cours et fais la connaissance d'autres qui me précédaient d'un jour ou deux. Il est vrai que les mauvaises conditions météo font de ce bourg un arrêt obligé pour les randonneurs qui ont remonté la vallée de la Marsyandi. Et chaque jour en voit une nouvelle vague s'y échouer, accroissant le nombre de pensionnaires des lodges.

Les aléas climatiques ont ceci de bon qu'ils favorisent la sociabilité entre ces trekkers de toutes nationalités embarqués dans la même galère. Les lodges sont des endroits conviviaux et réconfortants lorsque sévit la tempête. Nous nous serrons autour du poêle à la chaleur d'un feu de genévrier tandis que des big pots de thé ou d'eau chaude - des thermos en réalité - sont servis en continu à tout ce beau monde désorienté par la tournure des événements. Les discussions vont bon train, ayant pour principal sujet nos pérégrinations passées, présentes ou à venir. Tels s'en reviennent du Tibet, de Chine ou d'Inde, tels autres prévoient déjà la suite de leur périple asiatique sous les cieux plus cléments de Thaïlande ou de Birmanie... Sinon, ça bouquine, ça noircit des notebooks, ça fume, ça joue aux cartes ou aux échecs...

Mais certains parmi nous ne disposent que d'un timing serré pour effectuer ce trek et les imprévisibles chutes de neige à répétition portent un coup dur à leur projet. Ainsi fais-je aujourd'hui mes adieux à mes plus fidèles compagnons de route depuis Besisahar, à Kristien et Roel qui trekkent en individuel, ainsi qu'à Nicolas et André accompagnés de leur guide népalais, qui s'en retournent sur leur pas la mort dans l'âme. Ce sont parfois les guides qui poussent à l'abandon, avec le souci de ne faire courir aucun péril à leurs clients, ce que du reste je peux comprendre. Mais cheminer de manière autonome a cet avantage que l'on décide par soi-même de poursuivre ou non, en fonction de sa forme, de sa détermination et du niveau de prise de risques que l'on s'accorde.


085.jpgDans le "nid douillet" de Yeti Hotel, Manang

Reclus par la force des choses à Yeti Hotel, je noue d'autres relations, notamment avec un petit groupe de "cousins" du Québec qui voyagent en couples, Marie-Eve et Guillaume, Annie et Sébastien, Valérie et Dany. Je me lie aussi avec Luc, un robuste tailleur de pierres québécois, qui m'accompagne dans ma balade à Tengi, et retrouve avec plaisir Matt, un globe-trotter du Wisconsin, et Jussi, un jeune Finnois, rencontrés quelques jours auparavant. Ces trois-là sont tout comme moi des autonomes que rapprochent les conditions difficiles de cette aventure en Himalaya. Nous partagerons à la fois le plus hard, l'ascension du Thorong La, et le plus cool, le parcours de la vallée de la Kali Gandaki. Ceux que je reverrai le plus souvent sur la dernière partie du trek sont toutefois Laurent, un adepte de la course en montagne, et son père âgé de soixante-quatre ans, "Papa", tel que le nomment Tashi et Dawa, leurs guide et porteur de Nepal Ecology Treks.

Ainsi va la vie sociale du trekker "solitaire" au long des sentiers ardus et dans le nid douillet des lodges...

087-French-Canadian-trekkers-Manang.jpgCompagnons d'aventures au lodge de Yak Kharka

Publié dans Annapurnas

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