Petit cours de nepali pour le fun

Publié le par yvan

041-Tal-site.jpgLe site de Tal, district de Lamjung


Je me sens bien au Népal...
La majeure partie du trek entre Syange et Tal se déroule dans une gorge étroite et boisée issue d'un verrou glaciaire. Mais à partir du petit col qui domine le site de Tal, le paysage change du tout au tout et se déploie dans de plus amples dimensions. La vallée s'élargit, son fond est couvert d'une mosaïque de parcelles, délimitées par des murets de pierres sèches, où l'on fait pousser patates, maïs et orge. Elles enserrent la bourgade édifiée sur la rive gauche de la Marsyandi.
Ici, c'est le règne de l'eau, partout présente. La rivière, libérée, prend ses aises et coule en larges méandres qui encerlent des îlots de galets, une bruyante cascade fend d'une trace laiteuse l'à-pic du versant oriental, ça ruisselle de toutes parts. Tal signifie lac en nepali : après les épisodes pluvieux, un lac se forme en effet aux alentours du village, alimenté par le débordement des cours d'eau.

Nombre de localités et de lieux caractéristiques sont au Népal baptisés suivant leur situation géographique, leur topographie, leur aspect ou leur fonction économique. Tal en est un exemple, je pourrais en citer bien d'autres, comme Tatopani (eau chaude), fréquente en diverses régions, qui désigne un site où coule une source chaude. La plus célèbre de ces Tatopani est sans conteste celle du circuit des Annapurnas où se baignent chaque année des légions de trekkers. Sur ce modèle, il existe aussi des Chisopani (eau froide) ou encore des Kalopani (eau noire).

Nous aurons bien sûr saisi que pani signifie eau : à la lodge, nous pourrons à présent interroger notre hôtesse d'un Tatopani cha ? Une réponse Cha ! c'est oui, une réponse Chaina ! c'est non - dans ce dernier cas, adieu la "hot shower" promise sur le panneau ! -. S'il pleut, Pani parccha est l'expression qui convient. 
Pour placer l'adjectif chiso, un Mero chiso ho ! ( J'ai froid !) est souvent très approprié en Himalaya.

Les noms de villages situés sur des crêtes et sur des cols peuvent se terminer respectivement par danda (Bahundanda, par exemple) et bhanyang (Pati Bhanyang). Un lieu de pâture en alpage, c'est kharka (Gaï kharka, pâturage à vaches, Yak kharka, pâturage à yaks). Et ainsi de suite... Des images poétiques émanent parfois de ces toponymes, tel Dudh kosi (rivière de lait). L'évocation est puissante : les cours d'eau ainsi baptisés roulent des eaux si tumultueuses qu'elles ne sont que d'écume.  La plus importante et la plus emblématique de ces "rivières de lait" est la Dudh Kosi de la zone Sagarmatha (région de l'Everest).

Nous aurons appris à présent à demander un thé au lait : Dudh tchiya cha ? et comprendre une possible réponse, telle : Chaina ! Kalo tchiya cha ! 
Ah oui, le sucre ! Un mot facile : chini. Donc pour demander si notre thé est sucré :
Chini cha ?
(ch se prononce tch).

Certes, le nepali ce n'est pas si simple que ça.
En trek,
je m'efforce chaque jour d'étoffer mon vocabulaire et de mémoriser quelques phrases simples en langue nepalaise, j'ai pour cela Nepali Phrasebook de Lonely Planet - Language survival kit qui convient excellemment. J'apprends aussi des autochtones par le biais d'échanges quotidiens. Ceci n'a pourtant aucune utilité pratique sur ces chemins où depuis des lustres les personnes en contact avec les touristes parlent un anglais basique mais correct - certains connaissent même un petit échantillon de mots français qu'ils sont heureux de vous réciter -, mais enrichit mon errance en favorisant discussions et relations cordiales.  Je m'y suis mis aussi pour voyager plus facilement dans des régions reculées et peu touristiques où l'anglais n'est pas pratiqué.
L'accent - joli - reste le plus ardu à posséder, car la langue par elle-même, de la famille indo-européenne, est assez accessible. A l'écrit, c'est une autre paire de manches avec le déroutant alphabet devanagari au si élégant graphisme.
Si je m'essaie à la langue népalaise, je ne me suis par contre jamais frotté aux difficiles langues tibéto-birmanes des Gurung et autres ethnies d'affinité tibétaine. Ceux-ci, du reste, parlent aussi le nepali, langue officielle et unificatrice du pays.

Namaste !

Publié dans Annapurnas

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Barula�re 23/05/2007 20:17

Merci pour la visite ! J'aime beaucoup le Népal aussi même si je ns suis pas treckeuse... J'ai attrapé le torticolis à regarder de partout autour de moi ces magnifiques paysages ! C'était le début de printemps et les verts étaient superbes ! J'apprécie vos photos qui montrent des paysages plus isolés que ceux que j'ai vus. (je n'ai pas encore commencé les articles sur le Népal et n'en suis pas encore à Puri...)